Belgique, Santé

Quelle mansuétude envers l’alcool

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Le tabac est un poison, c’est certain. Il détruit l’appareil respiratoire dès le plus jeune âge. Il provoque des cancers, gâte l’haleine et la dentition, incommode le partenaire du fumeur. Les ravages du tabagisme passif ne sont plus à démontrer, à tel point que le vice-président de l’Association belge des syndicats médicaux, qui donne rarement des conseils de santé en tant que syndicaliste, a proposé une carte blanche dans la presse quotidienne demandant l’interdiction du tabac à l’intérieur du domicile pour protéger les enfants.
Les campagnes incessantes contre cette soi-disant drogue « douce », se justifient donc pleinement, même si les jeunes semblent braver la mort qui les guette en continuant leur consommation, en dépit du prix prohibitif du paquet.
Mais, en parallèle, quelle mansuétude envers l’alcool ! Le vin relève de la culture sinon de l’art, les apéritifs alimentent des discussions comparatives dans le vent, la publicité, toujours autorisée, nous présente de jeunes consommateurs, métro-sexuels fringants, dignes représentants des élites mondialisées dans des villes exotiques à la mode.
L’alcool est considéré comme un rite de passage pour les jeunes adultes, notamment mâles. Qui n’a pas eu sa cuite avant 17 ans, n’est pas un homme, c’est entendu. Et lorsque le jeune homme rentre à quatre pattes au milieu de la nuit, il entraîne des sourires entendus et alimente des conversations bien peu réprobatrices lors des fêtes de famille.
Le cinéma a banni la cigarette mais les personnages des séries tant américaines que françaises, s’envoient allègrement des flutes de champagne dans le gosier à toute occasion. L’alcool est omniprésent au cinéma et à la télé. Il semble qu’après chaque contrariété, les héros et héroïnes se « détendent » avec un bon verre. Une banalisation de cette autre drogue « douce » très inquiétante car c’est précisément comme ça qu’on sombre dans l’alcoolisme : lorsque pour lutter contre le stress et le burnout, on ne peut s’empêcher de se servir deux petits verres le soir au souper.
Contre cette plaie-là, la mobilisation est nettement moindre et la politique fiscale plus légère. On ne parle guère de bouteille sans marque et on n’oserait pas apposer une bonne grosse cirrhose du foie sur l’étiquette d’un Château-Margaux.
Faut-il rappeler qu’un homme n’a jamais violé une femme ou écrasé un piéton sous l’influence de la cigarette ? L’alcool, lui, ne tue pas que le consommateur. Il abêtit. Il transforme les citoyens honnêtes en bestiaux.
Il est donc plus que temps que les autorités s’emparent aussi de ce fléau.

 

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