Art et culture

Star Wars perverti par Disney

Dark VadorL’épisode VII de Star Wars est à mille lieues des attentes des fans. Summum du réchauffé, il est un copier-coller de l’épisode IV, sans l’effet de surprise de l’époque. Harrison Ford/Han Solo se caricature lui-même et Carrie Fischer est une grand-maman galactique bien sympathique mais dispensable. Les nouvelles recrues, Daisy Ridley et John Boyega, ont le charisme d’une huitre. Le nouveau Dark Vador la joue petit bras.

On pouvait s’attendre au pire avec le rachat de la « franchise » Star Wars par Disney et la mise sur la touche de George Lucas. Eh bien, le pire est arrivé. JJ Abrams, flanqué du scénariste des origines, Lawrence Kasdan, a raté le pari de relancer cette épopée galactique mythique.

Premier écueil : le scénario. Il est la pâle copie de l’épisode IV. Le message de la princesse Leia caché dans le disque dur de R2D2 est remplacé par une mystérieuse carte planétaire déposée dans le tiroir (!) ventral de BB8, le nouvel androïde encore plus nunuche que son aïeul. L’objectif est identique : faire exploser la nouvelle étoile noire, en fait : une véritable planète transformée en canon géant qui avale l’énergie des étoiles pour la recracher sous forme de rayon laser géant. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Le « Premier Ordre » s’est substitué à l’Empire. Il dispose également d’une armée de stormtroopers, sauf qu’il ne s’agit plus de clones. La référence au national-socialisme est si appuyée (salut nazi copie-conforme), qu’on s’en amuse. Le général Hux (Domhnall Gleeser) tente vainement d’imiter Hitler. Grotesque.

En 2015, les moyens techniques permettent de faire absolument tout ce qu’on veut. Et ils sont au rendez-vous, absolument somptueux. Mais à quoi bon en l’absence d’une trame solide ? JJ Abrams, à qui l’on doit une excellente resucée de Star Trek, aurait été mieux avisé de choisir de tous nouveaux scénaristes et repartir mille ans après sur un mythe entièrement revisité. Le choix de Lawrence Kasdan, complice de la première heure de Georges Lucas, constitue le péché originel.

Deuxième faiblesse : le casting. Daisy Ridley (Rey), croisement de Hugo Weaving (l’agent Smith dans Matrix) et Kira Knightley, grimace plus qu’autre chose. John Boyega (Finn) pourrait assurément faire partie de la distribution des prochains Expendables mais échoue à nous émouvoir. Le choix d’un Britannique d’origine nigériane dans le leading role est louable, mais n’est pas Idris Elba qui veut. Quant au nouveau Dark Vador (Adam Driver/Kylo Ren), il a encore des boutons d’acné et ne fait peur à personne. Son masque de carnaval en tête de cochon est aussi trivial qu’inutile (puisque le personnage n’a pas besoin de respirateur). Au contraire d’Anakin, Kylo, passé du côté obscur, essaie de résister à la Lumière de la Force. Il n’y succombera pas malgré les suppliques de son père, qui n’est autre qu’Han Solo qui l’a conçu avec Leia. Cette révélation, qui devait constituer le clou du spectacle, est elle-aussi plutôt téléphonée. Rien à voir avec la profondeur de Vador révélant sa paternité à Luke dans l’épisode V.

Autant le retour des trois vieux schnoques fait sourire autant, paradoxalement, le film repose sur leurs épaules : Han Solo, omniprésent en éternel adolescent qui rit tout seul de ses feintes, la princesse Léia (devenue générale Organa), petite pomme ratatinée dont on a peine à croire qu’elle dirige la nouvelle Résistance et Luke Skywalker sur qui se concentrent toutes les recherches bien qu’on se demande pourquoi.

Disney oblige, tout est aseptisé pour ne pas choquer les moins de 12 ans. On est loin de la noirceur de l’épisode III (passage d’Anakin vers le côté obscur) ou la maturité du V (révélation de la filiation entre Vador et Luke). Il ne reste rien de la philosophie des Jedis, à mi-chemin entre boudhisme et christianisme.

Les invraisemblances sont nombreuses : comment, 25 ans après l’épisode VI qui terminait en happy end, l’Empire, vaincu, a-t-il fait place au Premier Ordre ? Qui est ce mystérieux Guide suprême Snoke, géant hologramme, qui a dévoyé Kylo Ren ? On n’a pas le temps de prendre connaissance des restes de la République que la nouvelle étoile noire la détruit…

Joyeuse cacophonie que ce Réveil de la Force.

Certes, l’épisode IV, Un Nouvel Espoir, sorti en 1977 n’était pas d’une qualité irréprochable. Inexpérimenté, Mark Hamil était souvent à côté de ses pompes. Mais nous étions moins difficiles à l’époque et la saga avait l’avantage de l’originalité. On sort donc de la vision du Réveil de la Force d’autant plus effondré que l’attente fut longue.

Finalement, seul le tiroir-caisse tintinnabule et c’était peut-être l’unique objectif de cette séquelle. Mais les jeunes gens ou les quinquagénaires fans de la première heure ne se laisseront pas prendre, dans deux ans, aux sortilèges de l’épisode VIII.

Mais restons optimistes : il y aura dans les 5 ans à venir plus d’épisodes de Star Wars et dérivés que pendant 30 ans. Selon certains fans, le Guide suprême pourrait n’être autre que Darth Plagueis, le maître de l’Empereur Palpatine que celui-ci prétendait dans la Revanche des Sith avoir tué pendant son sommeil. Or Plagueis a le pouvoir de faire revenir les morts. L’épisode VII ne serait alors qu’une transition vers d’autres développements du mythe…

 

 

 

 

Publicités
Par défaut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s