Santé

Confusion des genres

La Belgique est l’héritière d’une tradition presque unique : la pilarisation. La vie sociale et politique depuis un siècle et demi s’est construite autour des piliers chrétien et socialiste auxquels s’est ajouté, pour faire bonne figure, le pilier libéral.

L’Action commune entre PS, FGTB et Mutualité socialiste est l’héritière de cette tradition qui a servi de socle à notre économie sociale de marché, dont on a cru longtemps qu’elle était enviée dans le monde entier.

Cette pilarisation était une des forces de notre pays. Mais l’est-elle encore ?

Lorsque Jean-Pascal Labille, secrétaire-général de Solidaris passe quelques temps dans le gouvernement Di Rupo sous drapeau du PS puis revient reprendre son poste Place de Louvain au siège de la Mutualité socialiste pour, à nouveau, se rêver à la tête du PS liégeois, il pratique une confusion des genres qui n’est sans doute plus de saison.

Que dirait-on si le président de l’Absym devenait ministre de la Santé du gouvernement Michel ?

Comment, dans les innombrables commissions Inami, le banc des médecins, des dentistes et des infirmiers, doit-il considérer le partenaire en santé que sont les organismes assureurs ? Une mutuelle ou un candidat d’un futur gouvernement censé être un arbitre impartial des négociations à la médico-mut et ailleurs ?

Lorsque l’Action commune lutte contre la « vague conservatrice sans précédent » déclenchée par le gouvernement Michel, et que les grèves menées par la FGTB semblent concertées autour du Boulevard de l’Empereur (les trois sièges sociaux sont à quelques centaines de mètres les uns des autres), ne se jette-t-on pas dans un maelström indéfinissable dans lequel tout est dans tout ? La FGTB de Charleroi vient d’ailleurs de siffler la fin de la récréation.

Lorsque Jean-Claude Marcourt (PS) souligne qu’un parti politique ne peut pas initier des grèves générales, il a raison. Lorsque Denis Ducarme (MR) estime que le syndicalisme, la politique et le combat mutualiste sont des métiers respectables mais différents, il a raison.

A quoi bon évoluer vers un logo – Solidaris – moins politique si la dépolitisation de la concertation ne suit pas ? Nombre d’affiliés, de père en fils depuis des générations, apprécient surtout les services offerts par ce très compétent organisme assureur et son rôle social indéniable mais ils restent discrets sur leurs intentions de vote.

Il est plus que temps d’éclaircir le rôle de chacun et de remettre l’église au milieu du village. Ceci vaut bien évidemment pour le pilier chrétien et le pilier libéral…

Editorial paru dans Le Journal du médecin du 27 mars 2015

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