Santé

Maggiemania

Le bulldozer Maggie De Block, depuis longtemps personnalité préférée des Flamands, vient de faire une entrée fracassante dans le hit-parade des personnalités politiques des Wallons en damant le pion au champion vieillissant Elio Di Rupo. Celui-ci chute de 12 points à 48% d’opinions favorables selon un sondage IPSOS pour Le Soir et RTL-TVI alors que Super Maggie monte à 61% et prend la première place dans le cœur des Wallons.

Par quel miracle ?

Selon plusieurs observateurs, le PS en général subirait le contrecoup des attentats terroristes des dernières semaines, le grand public le rendant responsable d’un certain angélisme alors que le parti à la rose a mené ces dernières années une politique mêlée de communautarisme et de clientélisme et a agité le chiffon rouge autour du dialogue social.

De son côté, comme nous l’observions encore récemment, Maggie De Block, qui se joue de son embonpoint apparaît également comme une personnalité pragmatique, ferme mais humaine : le fameux gant de fer dans une main de velours.

Son passé de médecin généraliste n’y est pas étranger. Comme elle le dit toujours, elle pratique la politique comme la thérapeute qu’elle fut : anamnèse, diagnostic, thérapie. Avec, chevillée au corps, la déclaration gouvernementale dans sa sacoche. Dans les deux langues nationales.

Tout en étant très loin d’une novice en matière de communication (sa cellule com’ est maintenant bien en place), elle apparaît, à tort ou à raison, comme plus naturelle que ses collègues, moins politicienne ou calculatrice : plus sincère. Rétive aux effets d’annonce, elle semble, jusqu’à présent en tout cas, dire ce qu’elle fait et faire ce qu’elle dit.

Son bilan à l’Asile et à l’Immigration, controversé à l’époque, n’en apparaît que plus tangible dans le contexte actuel. Il est de bon augure pour son mandat à la Santé publique, du moins les personnes sondées veulent-elles s’en convaincre.

En un mot comme en cent, elle rassure alors que notre époque est porteuse de lourdes incertitudes sur l’avenir.

Toutefois, les attentes ainsi créées n’en sont que plus fortes. A elle de faire bonifier ce capital alors que, tôt ou tard, les économies budgétaires et le spectre du rationnement des soins se réinviteront dans le débat.

Paru dans le Journal du médecin le 06/02/2015

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